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Opinion: Guerre sans merci
Posté le 18 octobre 2009 à 00:15:21 EDT par editor3 |
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Sur fond de politique de démocratisation de l’économie mauricienne se
déroule une guerre sectaire sans merci dont les complexités échappent à
la compréhension du commun des Mauriciens.
La confiscation des produits importés par Innodis est loin d’être un incident fortuit. Il serait fort intéressant de savoir dans quelles circonstances, c’est une unité de la police spécialisée dans la lutte contre les paris clandestins et le piratage artistique qui a pris l’initiative de sévir dans une affaire de viande importée mal étiquetée. Cette opération a sans doute causé un tort immense à la compagnie Innodis et à une famille d’entrepreneurs qui s’est distinguée dans les affaires depuis des décennies à Maurice.
Étrange coïncidence, à peine la viande d’Innodis assimilée par les bactéries de Mare-Chicose, c’est le produit Kentucky Fried Chicken (KFC) qui a subi une attaque en règle, non pas par la brigade des jeux mais par des inspecteurs sanitaires. C’est un cas classique où un État peut toujours broyer un opérateur économique. Le produit américain KFC jouit d’un rayonnement mondial et la maison mère impose des normes extrêmement sévères à ses filiales.L’opération d’envergure menée contre le KFC mauricien a créé un véritable choc psychologique. D’autant plus qu’on vend toutes sortes d’aliments en pleine rue à Maurice, même dans la proximité des toilettes publiques dont les effluves débordent sur la chaussée.
Innodis, KFC, tentative de saboter des investisseurs étrangers dont des opérateurs indiens voulant briser un monopole à Maurice, tout cela n’est que manifestation d’une guerre sans merci que livrent des vested interests à des hommes d’affaires mauriciens et étrangers qui menacent l’ordre économique établi. La politique déclarée du gouvernement de démocratiser l’économie et les différents programmes d’empowerment sont aptes à rendre nerveux ceux qui entendent maintenir leur mainmise sur les ressources du pays. Le scénario du pire, ce serait un nouveau mandat pour Navin Ramgoolam sur la base d’une alliance politique qui regrouperait à la fois le Parti Travailliste et le MSM. D’où les différentes opérations qui furent menées pour empêcher l’élection de Pravind Jugnauth dans le No 8. Les deux partis ont chacun pris des mesures dirigées contre la concentration des richesses et l’accaparement des ressources.
Il est plus que probable que Navin Ramgoolam profitera d’un nouveau mandat pour muscler son initiative de démocratiser l’économie. Cette stratégie ne pourrait être atteinte que par l’entrée en scène de nouveaux acteurs locaux comme étrangers, l’épanouissement de la classe d’entrepreneurs déjà existants mais qui n’appartiennent pas à l’oligarchie traditionnelle et la ponction des grandes richesses — à la manière de la Campement Site Tax. Ce n’est pas de gaieté de cœur que les privilégiés abandonneront le terrain au profit de nouveaux entrants. On assistera à une guerre vicieuse, agrémentée de coups bas et de manipulation des institutions et des médias. La formule Mugabe s’est avérée désastreuse. La recette sud-africaine de Black Economic Empowerment (BEE) reste toujours la plus intéressante.
Subash Gobine, le defi plus
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